Bilan des possibilités de concilier vies professionnelle et familiale tiré par 5 associations fribourgeoises en octobre 2018.

 

Concilier vie familiale et vie professionnelle, c'est LE défi des familles avec enfants en bas âge. Pour éviter de rester dans le schéma traditionnel du père nourricier et de la mère au foyer, et pour donner aux femmes les mêmes chances professionnelles qu'à leurs époux, il faut encore développer les structures d'accueil pour enfants.

Mais ce n'est pas tout: il faut instaurer un congé paternité de 20 jours à prendre de manière flexible dans l'année qui suit la naissance. C'est ce que réclame l'initiative populaire "pour un congé paternité raisonnable, en faveur de toute la famille" sur laquelle le peuple devra bientôt se prononcer.

 

Le congé paternité est un élément essentiel d'une politique familiale adaptée à notre époque. Comme pour le congé maternité, il doit être financé par les APG en appliquant un taux de remplacement du salaire de 80%. Selon le Conseil fédéral, si tous les pères faisaient valoir leur droit au congé paternité, cela coûterait env. 380 millions de francs par an. La bonne nouvelle, c’est que ces congés sont déjà quasiment financés par le recul du nombre de jours de services militaire observé ces dernières années.

Actuellement, la plupart des pères n’ont droit qu’à un jour de congé à la naissance de leur enfant. L’initiative, actuellement en cours de récolte de signatures, demande 20 jours à prendre de manière flexible dans l’année après la naissance. Et c’est ce que désire une écrasante majorité d’hommes. Selon une étude de Pro Familia Suisse mandatée par le canton de Saint-Gall, 90% des hommes suisses veulent plus de temps et de flexibilité pour être davantage présents pour leurs enfants.

La présence des pères est nécessaire pour le développement harmonieux de la famille. Les femmes ont besoin de leur soutien dans la phase sensible qui suit la naissance, en particulier lorsqu’il s’agit du premier enfant. Les enfants aussi ont droit à débuter dans la vie dans un univers familial empreint de sérénité. Pour y parvenir, la présence des deux parents est requise dès le début.

Le congé paternité permettrait aussi de rétablir une certaine égalité entre les sexes, puisqu’il promeut une juste répartition du risque professionnel et de carrière «pour des raisons familiales». Il deviendrait normal que les pères ne soient pas continuellement à leur place de travail, atténuant ainsi le désavantage des femmes sur le marché de l'emploi.

D’un point de vue économique, le congé paternité est un investissement sensé et rentable pour l’entreprise, mais aussi pour l’économie en général. Le potentiel des mères est mieux utilisé. L’engagement des pères à la maison facilite celui des mères au travail, ce qui permet aussi de lutter contre la pénurie de personnel qualifié.